Quand je vivais en Italie, j’étudiais l’ingénierie automobile. Il faut savoir que la première année est la même pour tous ceux qui étudient à Polytechnique, la deuxième a un tronc commun également et quelques cours de spécialisation, la dernière exclusivement des cours de spécialisation.

Le hobby de mes camarades de classe italiens ? Taquiner ceux qui étudiaient ingénierie de la gestion. Pourquoi ? Pour nous c’était comme de rire de ceux qui étaient en école de commerce, de leur faire peur avec nos équations. Pour nous, ils avaient choisis la voie facile, des cours de blabla, pas de vrais cours d’ingénierie.

Est-ce que mon avis a changé aujourd'hui que j'ai fait de la gestion mon métier ?

Absolument pas.

Ironie du sort, c’est ce qu’aujourd’hui mes équipes et beaucoup d’autres pensent de mon métier. Ils pensent que je brasse de l’air toute la journée. Est-ce qu’ils ont raison? Je veux dire mon métier tourne autour de réunions, bien évidemment que je vais brasser de l’air à autant parler ou juste observer.

Et c’est même nécessaire parce que comme je l’ai un jour expliqué à un manager condescendant, la partie difficile de ce métier et justement de se taire et observer, d’analyser, de détecter. Les non-dits, les trop-dits, les non-épanouis, les vous-n’avez-rien-vu, les distractions. Tout ça pour quoi ? Pour subtilement vous enseigner les bonnes façons, les bonnes réactions, les bonnes intentions.

On plaisante parfois que je suis telle une prof d'école. Je le suis, mais pour des esprits déjà têtus et bien ancrés dans leur habitudes, bonnes ou mauvaises. Je suis prof pour des élèves qui pensent déjà savoir et refusent d'apprendre ou même de comprendre.

D’ailleurs, pour ceux qui se mettent à la chefferie de projet, oubliez ces certifications sans expérience nécessaire. Pendant les premières années, mon syndrome de l’imposteur était tel que j’étais persuadée qu’il me fallait tout apprendre sur le sujet. Aujourd’hui, je convaincue que ces cours n’auraient absolument rien changé à mon approche, à mes connaissances. Tout comme moi, votre syndrome de l’imposteur vous pousse peut être à en savoir plus et mieux. En réalité, ces certifications ne servent pas plus que ce cours inutile d’école dont on ne s’est jamais servi. On apprend par cœur des théories pour ensuite les recracher. Et à moins que vous ne soyez un génie, vous allez tout oublier. De toute façon c’est pour ça que les livres, internet et les IA existent désormais. Et puis en chefferie de projet, la meilleure façon d’apprendre est d’expérimenter, mais surtout d’échouer. Alors essayez, échouez, mettez y toute votre passion, toute votre énergie, vous n’en deviendrez que meilleurs.

Alors pour ceux, comme moi, qui tirent les ficelles sans que personne ne le sache, alors que tout le monde le sait déjà:

Bienvenue à la maison.

 

Pour les autres curieux:

Venez donc explorer de nouveaux horizons.

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